Si j’étais née saison, j’aurais été l’automne
Pour ces matins de brume sous un soleil frileux
Pour l’héliotrope aussi à la pale couronne
Et ces bouquets mourants qui s’inventent le feu.
Le vent fou de septembre aurait grisé ma vie
Et j’aurais à loisir poursuivi dans leurs vols
Les feuilles déchirantes dans leurs robes rougies
Que cueillent les enfants en sortant de l’école.
Le rire du vendangeur ou le clocher qui sonne
Doux mélange d’ivresse et de sérénité
M’auraient fait retrouver, à l’heure où tout frissonne
L’écho clair et précis des instants du passé.
J’aurais été l’automne si étais née saison
Puis les tous premiers givres d’un jour ensommeillé
Effaçant peu à peu le ciel à l’horizon
M’auraient dans leur oubli doucement entraînée.