Mes mots à dire et à chanter

Chanson sur l’eau
Chant sur une musique
de Daniel Brel




















Tous les voyages ont un bateau,
Tous les enfants sont matelots.
Vivre ses rêves au fil de l’eau,
Imaginer Valparaiso…
Vole et vogue sur les vagues,
File et suis la course des vents.
Vole et vogue sur les vagues,
Fais comme le goéland.

Pirogues ou vieux chalutiers,
Paquebots ou voiliers racés,
Fendent les mers sans se lasser,
Guidés par le ciel étoilé.
Vole et vogue sur les vagues,
File et suis la course des vents.
Vole et vogue sur les vagues,
Va vers le firmament.

Dans les jardins du Luxembourg,
Petits marins, pantalon court,
Sur les bassins font naviguer,
Leurs jolis bateaux de papier.
Vole et vogue sur les vagues,
File et suis la course des vents.
Vole et vogue sur les vagues,
Vis tes rêves d’enfant.
Au-delà des rêves
Chant sur une musique
de Daniel Brel
pour piano et voix









































Voici le soir,
ce temps bruni où je m’éveille.
Quel est celui qui a impunément choisi
de m’imposer un ciel obscur
où je m’épuise à chercher le jour,
tournant sans fin,
pour trouver la lumière
au cœur d’un réverbère?
Pour toujours, me voici contraint
de tournoyer, tout autour d’un leurre,
sans jamais cesser d’espérer vainement,
en étouffant ma rancœur.
Dans l’ombre de la nuit,
je déploie lentement
mes grandes ailes alourdies.
Et je prie…
Peut-être, un papillon de jour
viendra me sauver de l’ennui
et m’entraînera avec lui.
Dans son regard,
je saurai voir l’univers et ses milles couleurs.
Alors mon rêve enfin deviendra réalité.
Voici venue l’aurore,
je vais devoir partir pour me cacher encore
et fuir cette clarté avant qu’elle ne me tue.
Papillon de nuit,
c’est là ma vie,
il me faut me résigner.
Jamais je ne verrai le soleil,
pas plus que cette rosée
qu’il fait scintiller dans les prés.
Prisonnier pour toujours de la nuit,
je me débats, seul, mal aimé,
me grisant en valsant tristement,
cherchant à oublier mon sort.
Oh, toi, beau papillon qui tourne
autour des boutons d’or,
sais-tu pourquoi on a choisi pour moi
ce monde endeuillé où je suis exilé?
Pourtant un jour, je partirai,
m’envolerai de l’autre côté.
Alors je défierai celui qui a cru
pouvoir m’imposer sa loi cruelle
et, tant pis, si je dois brûler mes ailes.
Papillon d’un jour je deviendrai
et je te rejoindrai.
Dans la maison
Poésie























Il fait doux ce matin,
la table est endormie et l’horloge s’attarde.
Dehors un merle a ri,
s’échappant du buisson qui longe le jardin.
Dans le salon paisible,
une barque immobile, sur son étang fleuri,
peint le mur en rivage
et l’armoire complice lui conte ses secrets.
La vie est un songe qui passe,
Nous en souviendrons-nous une fois réveillés ?

Le vieux fauteuil s’ennuie qui n’attend plus personne
et les livres rangés, intimidés se taisent
devant la mappemonde éclairant ses voyages.
Assis près du miroir, Pinocchio fait la tête.
Il voudrait ressembler à l’enfant du portrait,
ignorant du futur qu’il a vécu pourtant.
La mort est un songe qui passe,
Nous en souviendrons-nous une fois réveillés ?

Le hussard, à la pose dans son cadre de bois,
surveille l’escalier qui n’en mène pas large.
Dans la chambre petite, aux tentures orangées,
la fenêtre respire accueillant le soleil.
Sur la table de nuit, un ange de papier,
confiant, sourit et veille sur le grand lit bordé.
L’amour est un songe qui passe,
Nous en souviendrons-nous une fois réveillés ?
Le jour où tu m’aimas
Poésie inspirée par l’arrangement
de Daniel Brel du tango
de Carlos Gardel,
El dia que me quieras


















Jour après jour, j’ai choisi mes atours,
Dans la douceur naissante d’un printemps qui s’annonce,
A l’ombre d’un mûrier, je me suis installée
Pour tisser patiemment mon calicot de soie.
Les oiseaux qui s’ébrouent, cachés parmi les ronces,
Me murmuraient ces mots que je garde pour toi :
Comme il était léger, ce jour où tu m’aimas.
Voici venu l’été avec son ciel si clair.
J’ai couru vers la mer, la priant de m’offrir
Une robe d’écume et de poissons d’argent.
Sur le sable brûlant, 
J’ai dessiné mon cœur au tien entrelacé
Et j’ai redit ces mots qui sont comme un présent :
Oh, comme il fut fougueux, ce jour où tu m’aimas.
Le soir descend plus vite et les forêts déjà
Flamboient de mille feux.
J’ai cueilli leur feuillage, m’en suis fait une traine,
Soulevée par le vent qui s’est mis à chanter,
Répétant tendrement cette douce rengaine :
Comme il resta secret, ce jour où tu m’aimas.
Et voilà que soudain, l’hiver vient déposer
Sur mes épaules nues, son manteau majestueux.
Parée comme une reine, je m’endors sans regret,
Bercée par ce refrain aux accents langoureux :
Comme il fut merveilleux, ce jour où tu m’aimas.
Les chaînes
Paroles sur une musique
de Daniel Brel
(écoute possible
en bas de page)

























Enfant, je regardais, confiant, l’océan en rêvant de voyages lointains. 
Ma tendre mère souriait, tristement, tout en tenant ma main.
J’étais pressé, impatient de m’évader sur les mers, loin des terres.
Dans ses yeux, grands et bleus, je croyais voir le ciel.
Étaient-ils gris parfois?
Je ne devinais pas leurs larmes retenues.

Puis un matin, un beau jour de printemps, j’ai entendu le vent chanter au loin et j’ai su qu’il était temps.
Sans un regard, j’ai quitté mon pays et j’ai rejoint mon destin, enfin. 
Jamais rien ne viendrait ternir l’espoir que j’avais au fond de moi.
Comme un oiseau, je me sentais voler, planer, par la brise emporté.
Rompant les chaînes du passé, un avenir exaltant et léger m’attendait.
Là-bas, sur la rive embrunie, l’ombre de ma mère disparaissait peu à peu dans la nuit.
Mais moi, j’étais heureux, insouciant, ne pensant désormais qu’à ce bonheur nouveau, si grisant.

Petit déjà, tu rêvais en fixant l’horizon mystérieux et lointain. 
Inquiet pour toi, j’essayais de sourire, tout en serrant ta main.
Car, je savais bien qu’il te faudrait à ton tour t’en aller un jour et briser tous tes liens.
A présent, c’est à moi de rester là, sur le rivage.
Et malgré mon tourment, je revois tout ce qui m’a ému, émerveillé, au cours de mes voyages et je repense à ceux qui m’ont tant attendu.
Mon enfant, envole toi, je serai toujours là pour toi.
Les chaînes – Paroles et chant : Virginie Desplain – Musique : Daniel Brel

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