Mon cahier de poésies

Aube






La nuit s’efface sur le buvard du jour
Des bouliers de rosée frissonnent
Quelques trilles s’élèvent des feuillages qui s’ébrouent
Et l’air vibre d’une pureté palpable.
Un nouveau jour se lève sur la mémoire du monde.
Nature morte



Une rose se penche comme un front soucieux
que le vase, bientôt, ne saura retenir.
Tout est dit dans cet instant fragile.
Papillon de nuit
(écrit sur une musique
de Daniel Brel)




















































Voici le soir, ce temps bruni où je m’éveille.
Quel est celui qui a impunément choisi
de m’imposer un ciel obscur
où je m’épuise à chercher le jour,
tournant sans fin, pour trouver la lumière au cœur d’un réverbère?
Pour toujours, me voici contraint
de tournoyer, tout autour d’un leurre,
sans jamais cesser d’espérer vainement,
en étouffant ma rancœur.
Dans l’ombre de la nuit,
je déploie lentement mes grandes ailes alourdies.
Et je prie…
Peut-être, un papillon de jour viendra me sauver de l’ennui
et m’entraînera avec lui.
Dans son regard, je saurai voir l’univers et ses milles couleurs.
Alors mon rêve enfin deviendra réalité.
Voici venue l’aurore,
je vais devoir partir pour me cacher encore
et fuir cette clarté avant qu’elle ne me tue.
Papillon de nuit, c’est là ma vie,
il me faut me résigner.
Jamais je ne verrai le soleil, pas plus que cette rosée
qu’il fait scintiller dans les prés.
Prisonnier pour toujours de la nuit,
je me débats, seul, mal aimé,
me grisant en valsant tristement,
cherchant à oublier mon sort.
Oh, toi, beau papillon qui tourne autour des boutons d’or,
sais-tu pourquoi on a choisi pour moi
ce monde endeuillé où je suis exilé?
Pourtant un jour, je partirai, m’envolerai de l’autre côté.
Alors je défierai celui qui a cru pouvoir m’imposer sa loi cruelle
et, tant pis, si je dois brûler mes ailes.
Papillon d’un jour je deviendrai et je te rejoindrai.
Alors mon rêve enfin deviendra réalité.
Voici venue l’aurore,
je vais devoir partir pour me cacher encore
et fuir cette clarté avant qu’elle ne me tue.
Papillon de nuit, c’est là ma vie,
il me faut me résigner.
Jamais je ne verrai le soleil, pas plus que cette rosée
qu’il fait scintiller dans les prés.
Prisonnier pour toujours de la nuit,
je me débats, seul, mal aimé,
me grisant en valsant tristement,
cherchant à oublier mon sort.
Oh, toi, beau papillon qui tourne autour des boutons d’or,
sais-tu pourquoi on a choisi pour moi
ce monde endeuillé où je suis exilé?
Pourtant un jour, je partirai, m’envolerai de l’autre côté.
Alors je défierai celui qui a cru pouvoir m’imposer sa loi cruelle
et, tant pis, si je dois brûler mes ailes.
Papillon d’un jour je deviendrai et je te rejoindrai.
Dans la maison

























Il fait doux ce matin,
la table est endormie et l’horloge s’attarde.
Dehors un merle a ri,
s’échappant du buisson qui longe le jardin.
Dans le salon paisible,
une barque immobile, sur son étang fleuri,
peint le mur en rivage
et l’armoire complice lui conte ses secrets.
La vie est un songe qui passe,
Nous en souviendrons-nous une fois réveillés ?

Le vieux fauteuil s’ennuie qui n’attend plus personne
et les livres rangés, intimidés se taisent
devant la mappemonde éclairant ses voyages.
Assis près du miroir, Pinocchio fait la tête.
Il voudrait ressembler à l’enfant du portrait,
ignorant du futur qu’il a vécu pourtant.
La mort est un songe qui passe,
Nous en souviendrons-nous une fois réveillés ?

Le hussard, à la pose dans son cadre de bois,
surveille l’escalier qui n’en mène pas large.
Dans la chambre petite, aux tentures orangées,
la fenêtre respire accueillant le soleil.
Sur la table de nuit, un ange de papier,
confiant, sourit et veille sur le grand lit bordé.
L’amour est un songe qui passe,
Nous en souviendrons-nous une fois réveillés ?
Le jour où tu m’aimas
(inspiré par l’arrangement
de Daniel Brel du tango
de Carlos Gardel,
El dia que me quieras)




















Jour après jour, j’ai choisi mes atours,
Dans la douceur naissante d’un printemps qui s’annonce,
A l’ombre d’un mûrier, je me suis installée
Pour tisser patiemment mon calicot de soie.
Les oiseaux qui s’ébrouent, cachés parmi les ronces,
Me murmuraient ces mots que je garde pour toi :
Comme il était léger, ce jour où tu m’aimas.
Voici venu l’été avec son ciel si clair.
J’ai couru vers la mer, la priant de m’offrir
Une robe d’écume et de poissons d’argent.
Sur le sable brûlant, 
J’ai dessiné mon cœur au tien entrelacé
Et j’ai redit ces mots qui sont comme un présent :
Oh, comme il fut fougueux, ce jour où tu m’aimas.
Le soir descend plus vite et les forêts déjà
Flamboient de mille feux.
J’ai cueilli leur feuillage, m’en suis fait une traine,
Soulevée par le vent qui s’est mis à chanter,
Répétant tendrement cette douce rengaine :
Comme il resta secret, ce jour où tu m’aimas.
Et voilà que soudain, l’hiver vient déposer
Sur mes épaules nues, son manteau majestueux.
Parée comme une reine, je m’endors sans regret,
Bercée par ce refrain aux accents langoureux :
Comme il fut merveilleux, ce jour où tu m’aimas.
%d blogueurs aiment cette page :