l’atelier de poésie

L’aube

La nuit s’efface sur le buvard du jour
Des bouliers de rosée frissonnent
Quelques trilles s’élèvent des feuillages qui s’ébrouent
Et l’air vibre d’une pureté palpable.
Un nouveau jour se lève sur la mémoire du monde.

Nature morte

Une rose se penche comme un front soucieux
que le vase, bientôt, ne saura retenir.
Tout est dit dans cet instant fragile.

Dans la maison

Il fait doux ce matin,
la table est endormie et l’horloge s’attarde.
Dehors un merle a ri,
s’échappant du buisson qui longe le jardin.
Dans le salon paisible,
une barque immobile, sur son étang fleuri,
peint le mur en rivage
et l’armoire complice lui conte ses secrets.
La vie est un songe qui passe,
Nous en souviendrons-nous une fois réveillés ?

Le vieux fauteuil s’ennuie qui n’attend plus personne
et les livres rangés, intimidés se taisent
devant la mappemonde éclairant ses voyages.
Assis près du miroir, Pinocchio fait la tête.
Il voudrait ressembler à l’enfant du portrait,
ignorant du futur qu’il a vécu pourtant.
La mort est un songe qui passe,
Nous en souviendrons-nous une fois réveillés ?

Le hussard, à la pose dans son cadre de bois,
surveille l’escalier qui n’en mène pas large.
Dans la chambre petite, aux tentures orangées,
la fenêtre respire accueillant le soleil.
Sur la table de nuit, un ange de papier,
confiant, sourit et veille sur le grand lit bordé.
L’amour est un songe qui passe,
Nous en souviendrons-nous une fois réveillés ?

%d blogueurs aiment cette page :